Les complexes de grossesse …

Hello les filles !

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un sujet qui me touche particulièrement en ce moment : les complexes liés à la grossesse.

Alors, j’en vois venir de loin « han mais tu l’as voulu cette grossesse! » Ou « bah on échange nos place si tu veux ! » … alors clarifions les choses : je ne suis pas là pour me plaindre. Bien au contraire, je voudrais partager avec vous, une facette de la grossesse à laquelle je n’étais pas préparée !

J’ai longtemps rêvé de cette grossesse, de ce bidou tout rond, de cette vie qui se développerait en moi mais je n’avais jamais réellement réalisé tout les changements que cela impliquait.

Depuis toujours, je suis mince, mais j’ai des formes. J’essaye de faire un peu de sport de temps à autre, de faire un peu attention à ce que je mange (parfois) et j’adore prendre soin de moi : masques, crèmes, soins, bain etc … mon péché mignon ? La lingerie ! La dentelle, particulièrement, est ce qui me fait le plus craquer ! Quotidiennement, lorsque je porte ma lingerie, je me sens belle, sexy, glamour et j’ai confiance en moi : le monde m’appartient ! … même si par dessus je porte simplement un jeans et un t-shirt, assorti d’une paire de Stan smith ! Mais surtout, je sais que je continue à séduire mon mari. Je fais en sorte de lui plaire, de le charmer et de rester désirable pour lui, même après presque 10 ans de relation ! C’est mon plaisir de me sentir belle et bien, mais, je crois que c’est surtout pour lui que je fais tout ça : c’est mon plaisir de savoir qu’il me regarde, qu’il me voit, que je lui plais toujours.

Ces derniers temps … tout a changé et ça, j’avoue que je ne l’avais pas vu venir !

On idéalise souvent notre grossesse. On s’imagine avec ce merveilleux ventre tout rond, on s’imagine belle, au teint de poupée et à la chevelure soyeuse … « Tu verras quand tu seras enceinte, tu auras des cheveux magnifiques ! » – « Tu verras, quand tu seras enceinte, tes ongles n’auront jamais été aussi beaux! » – « Tu verras quand tu seras enceinte, tu auras une espèce d’aura, tu seras rayonnante ! » …

Mon corps a changé. Mon visage a changé. J’ai changé. Ma lingerie est passée aux oubliettes car je ne rentre, évidement, plus dedans et ma confiance en moi décroît à mesure que mon ventre grossit. Je ne me sens ni sexy, ni glamour ni désirable … Je me sens lourde, empotée et imposante ! Oui, mon mari continue de me dire que je suis magnifique, qu’il m’aime et que pour lui, je suis la plus belle mais, je pense qu’il ne parle pas vraiment de Moi … il parle de ma « condition ». Parce que, Oui, une femme enceinte est belle, souvent épanouie aux yeux des gens, parce que oui, elle porte la vie et que c’est la plus merveilleuse chose au monde et que c’est en cela qu’une femme enceinte, c’est beau.

Aujourd’hui, j’ai du mal à coiffer ces cheveux épais et indisciplinés (toujours pleine de petites mèches qui se font la malle de ma queue de cheval !), j’ai du mal à trouver un soutien-gorge adapté à cette nouvelle poitrine qui me pèse, j’ai de la cellulite aux cuisses, les pieds et les mains parfois gonflés, mon visage un peu bouffis par les quelques kilos que j’ai pris, j’ai même eu la surprise de découvrir un double menton, j’ai du mal à me relever seule ou alors je ressemble à une tortue coincée par sa carapace ! J’ai dû dire adieu à mes magnifiques pyjamas de satin pour dire bonjour au T-shirt et aux shorts taille L de mon mari … Non, je ne suis plus sexy, non, je ne suis plus du tout glamour et oui, j’ai du mal à me reconnaître dans un miroir. Voilà ce que je ressens lorsque je me vois.

Pourtant, c’est surtout le regard extérieur qui peut être pesant. C’est vraiment compliqué d’entendre régulièrement « ah t’as grossis! » Ou encore « bon tant que tu ne prends pas plus de 10kg, tu devrais réussir à perdre! » Ou bien-même « han t’as pris du visage c’est ouf! » … oui, je m’en rends compte. Et c’est bien ce genre de réflexion quasi quotidienne qui rendent cette transformation un peu plus compliquée à aborder. Voir son corps changer, qu’importe le contexte, est une chose délicate à appréhender. Il nous faut du temps pour nous reconnaître dans ce reflet qui n’était pas le nôtre, il y a encore quelques semaines, ou quelques mois.

Et puis, je me regarde dans ce miroir face à moi. Je vois ce gros ventre que je n’avais pas et dont j’ai si souvent rêvé. Je l’observe, je le caresse, je l’admire, et je l’aime puis, je me dis que ça vaut vraiment le coup! Je me dis que tout ça, je le fais et je le vis pour mon enfant, pour mon mari, pour moi, pour notre famille. Je me dis que tant pis : Oui, je ne me reconnais pas pour le moment, oui, je grossis, oui, je gonfle mais oui, c’est quand même un peu moi. Un nouveau Moi.

Je suis entrain de devenir mère. Et je réalise : je vais être maman.

Ça peut paraître curieux, aux yeux de certaines, mais je ne me rends toujours pas compte de ce bonheur qui grandit en moi. Ça me semble tellement beau, tellement lointain et tellement merveilleux, que parfois, je ne réalise pas que ces changements qui s’opèrent en moi, ce sont Elle qui les provoque. Parfois, c’est comme si j’oubliais. Comme si je refusais de croire que dans 12 semaines nous allons rencontrer l’amour de notre vie.

Et puis, comme si Elle le sentait, Elle se met à gigoter, m’envoie de petits coups et me montre que si, Elle est là.

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Le test HGPO …

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Bonjour à toutes, et à tous,

Vous allez me dire « wooow, deux articles en si peu de temps ? Mais que lui arrive-t-il ? » … La réponse est simple : avec cette chaleur je suis coincée chez moi, dans le noir et j’en ai un peu marre de regarder Netflix (oui, après sept mois de visionnage intensif, ça peut être assez ennuyant).

Alors voilà, puisque ce matin même, j’ai passé ce fameux test du glucose, qui effraie tant de femmes enceintes, je voulais vous partager mon expérience, sur le sujet.

Hier, je suis allée à la pharmacie afin de récupérer mon flacon de glucose. Au vu des nombreuses photos que j’ai pu apercevoir sur Instagram ou sur certains blogs, je m’étais attendue à une petite bouteille en plastique, avec un sirop coloré à l’intérieur … Surprise! Pas pour moi, la pharmacienne m’a donné un gros flacon en verre, avec un liquide, vraiment liquide pour le coup, et transparent. #WTF

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Pas besoin d’avoir de bons yeux pour voir qu’entre la première photo ( les flacons qu’on voit le plus souvent sur internet et celui que j’ai eu) … il n’y a pas beaucoup de points de concordance ! « Excusez-moi, êtes-vous bien sûre de m’avoir donné le bon produit ? je lis ici que c’est pour une perfusion … » –  » Oui pas de soucis, vous pourrez le boire ! »-« Euuhh ».

Je suis ressortie perplexe, septique et un tantinet stressée. Alors, j’ai fais appel à mes supers copines instagrammettes ! Et … j’ai eu un peu toutes les réponses ! Certaines me disaient que la pharmacienne s’était trompée, d’autres que normalement c’est le laboratoire qui devait me fournir le glucose, d’autres encore qu’elles avaient eu des produits à diluer dans de l’eau et puis juste trois ou quatre qui m’ont dit que ça pouvait se boire mais que c’était étrange que ce soit ce glucose là que je doive ingérer. Une seule copinaute a bu le même liquide que moi alors sur un peu plus de 400 abonnées … j’étais un peu rassurée mais je me posais beaucoup de questions sur ce qui allait m’arriver le lendemain.

Mais, j’avoue que, dans tous les cas, lire ces réponses m’a fait du bien. C’est bête mais je me sentais soutenue et entourée pour affronter ma décharge de sucre du lendemain ! Alors les filles : Vraiment, Merci d’avoir pris le temps de m’écrire!

J’ai dû arrêter de boire et de manger vers 22h. Mon laboratoire m’ayant demandé d’être à jeun 10 heures, avant la première prise de sang. Ne pas boire d’eau par cette chaleur caniculaire a été quelque peu difficile mais je m’y suis tenue afin de ne pas fausser les résultats du test et surtout ne pas devoir le repasser juste à cause d’un verre d’eau ou deux.

Rendez-vous au laboratoire, ce matin à 8h40. J’ai bien redemandé si c’était le bon produit afin de passer le test HGPO. « Oui, oui Madame, pas de soucis, c’est bien ça ! ». Ok, bon ça va le faire.

Lorsque le laborantin m’a appelé, je n’ai vraiment pas fait la fière et en entrant dans la salle, une femme, que je ne connais absolument pas m’a juste dit, en passant « ahhhh, ça c’est vraiment pas bon !! » … ouais merci pour le coup de stress gratuit ! Heureusement, Mr. Laborantin était super sympa et m’a bien aidé à me détendre. Il m’a fait la première prise de sang et ensuite, m’a servi une partie de la bouteille dans un gobelet  » Mais vous -êtes sûr que c’est le bon produit ? » – « Mais oui, ne vous inquiétez pas, pensez que c’est votre petit déjeuner ce matin ! » :

Première gorgée : nickel ! Au niveau du goût, je ne saurais pas réellement comment vous le décrire, c’est sucré forcément mais ça m’a rappelé le gout du sirop pour la toux. En terme de texture, c’était plus liquide. Et oui, puisque j’avais la version pour perfusion, le glucose était dilué dans de l’eau afin de le rendre moins compact. Je m’attendais à devoir avaler l’équivalent d’un sirop teisseire et finalement pas du tout. Attention, ça reste sirupeux mais c’est tout de même moins compact.

Mr. Laborantin continuait de me parler pour me faire penser à autre chose car il voyait que plus les gorgées avançaient, plus j’avais de mal à boire. Nous n’en étions qu’a la moitié … du premier gobelet ! Bah oui, vu que le glucose était dilué, j’avais fatalement plus de liquide à avaler, soit deux gobelets. Je ne vous cache pas que c’est surtout la quantité à ingérer qui a été difficile pour moi. En temps normal, je suis une vraie tortue pour boire. Je ne sais pas avaler un verre cul-sec, je ne sais pas boire d’une traite et j’ai du mal à déglutir, parfois. Là, j’avais un combo gagnant … je devais boire vite, déglutir vite et plus je mettais du temps à boire et plus compliqué c’était. J’avais tellement peur de vomir sur Mr.Laborantin … Mais … pas du tout, j’ai réussis à finir mes gobelets (Ok, j’ai négocié un fond de verre d’eau pour ma dernière gorgée de glucose) ! #tropfiere

Je suis retournée dans la salle pour patienter une heure. Ma maman m’a accompagné afin que je ne conduise pas sur le retour, au cas où je supporterais mal le glucose. La salle commençait à se remplir et au bout de quelques minutes, vingt ou trente, je dirais, je me suis sentie un peu plus faible et étourdie. Etait-ce dû au glucose, à la chaleur, au jeûne ou à la soif, je ne saurais dire. Et c’est là, que ma mère a reçu un coup de téléphone, et qu’elle est sortie en laissant son sac sur son siège. La salle se remplissait et manque de chance, il n’y avait plus de chaises. J’ai commencé à me sentir mal à l’aise de garder une place pour ma maman sachant qu’un monsieur devait rester debout. Sauf que c’est à ce moment là que sa femme a commencé à bougonner « Bah vas t’assoir! Les chaises, c’est pas fait pour les sacs ! T’as qu’a y aller et t’assoir ! » Son mari a eu l’air gêné et a refusé. J’étais vraiment mal à l’aise pour le coup, et j’ai commencé à devenir toute rouge et a essayé d’appeler ma mère afin qu’elle revienne vite s’assoir à coté de moi. Sauf que la dame ne s’est pas calmée et parlait de plus en plus fort afin de m’afficher ouvertement devant toute la salle … Cette fois, c’était la dose de glucose, le jeûne, la soif et la fatigue qui ont parlé à ma place et je lui ai répondu que cette chaise n’était effectivement pas faite pour des sacs mais pour ma mère, qui était simplement au téléphone dehors depuis à peine 5 minutes. « Ah désolée … » – « Y a pas de mal! » (Malgré moi, je crois avoir pris l’intonation la moins aimable dont je disposais) … J’ai entendu la petite jeune, à côté de moi, se marrer un peu. Mais trente seconde plus tard, une petite mamie est arrivée, et j’avoue ne pas l’avoir vu, tellement j’étais concentrée à essayer de joindre ma mère par téléphone. La petite jeune à côté de moi lui a cédé sa place et du coup, c’est là que j’ai vu la pauvre petite mamie en béquille … J’ai rougis de honte sous les regards des gens. Non, je suis loin d’être mal élevée. Habituellement, je suis la première à laisser ma place, à tenir les portes ou aider les gens à descendre une marche.

Mais, ma maman est fatiguée, elle s’occupe beaucoup de moi, de ma maison, de mes tâches ménagères car je suis au repos « strict » pour mon gygy. Quand j vous dis souvent que je suis dans mon canapé, dans mon lit, que je me repose : c’est l’essentiel de mes journées. J’ai un peu le droit de me balader mais je dois rester au repos le plus possible. Ma maman est malade aussi, alors, si elle avait dû rester debout je ne sais combien de temps, je crois que je n’aurais pas été bien non plus. Bref, j’entends de nouveau une réflexion d’une autre mamie, comme quoi, les jeunes pourraient laisser leurs places aux plus vieux … donc on parlait de moi là, vu la moyenne d’âge à ce moment là. Moi, enceinte, avec mon gros ventre, avec rien dedans que du glucose. Elle enchérissait que ce n’était pas normal de garder des places pour des sacs, que j’aurais dû faire de la place pour que quelqu’un puisse s’assoir … sauf que personne n’était debout à ce moment là du coup. Une autre dame lui explique donc que ce n’est pas pour des sacs mais que j’attends simplement ma mère. « Oui enfin bon, si elle arrive dans 20 Minutes aussi, c’est pareil ! » … Aaaaah, impulsivité quand tu nous tient … je me suis de nouveau entendu dire  » Déjà elle ne vas pas arriver dans 20 Minutes, elle est juste devant au téléphone depuis 5 minutes! », puis ma mère est rentrée s’assoir et je n’ai pas pu m’empêcher de dire bien fort  » Merci maman d’être rentrée parce que ces gens commençaient à se permettre de me faire des réflexions! »-« Mais pourquoi? »-« Juste parce que tu es partie téléphoner 5minutes dehors… » Je ne vous cache pas que j’ai adoré le grand silence qu’il y a eu après cela. Alors oui, d’un point de vue extérieur, j’admets que je pouvais passer pour une malpolie, que mon comportement pouvait paraître d’une totale incivilité, cependant, j’estime qu’on peut demander les choses gentiment. Un simple « Excusez-moi Madame, mon mari souhaiterait s’asseoir. », de la première dame, aurait été le bienvenue et la deuxième, je pense qu’elle devait juste utiliser son cotât de « râlage quotidien ».

Je ne supporte pas ces gens qui essayent de mettre mal à l’aise les autres sous prétexte qu’ils sont plus vieux ou plus ceci ou moins cela. Je pars du principe que si tu veux être bien traitée, tu devrais bien traiter les gens aussi. Et, entre nous, je suis certaines que c’est typiquement le genre de personnes qui passent aux caisses prioritaires et détournent les yeux lorsqu’ils voient une femme enceinte arriver. Enfin bref, revenons nos moutons. #ellesmontsoulee

L’heure de la deuxième prise de sang arriva. Mais, le fait de m’être levée, pour m’y rendre, m’avait donné un peu le tournis. Mon coeur s’emballait un peu et je me suis sentie très fatiguée d’un coup. C’est à ce moment là, que je me suis dis qu’il était possible que je fasse un malaise ou que je vomisse (J’aurais peut-être même visé les pieds de la mégère n°1 exprès ! et toc !).

Mais non, je me suis concentrée sur le sol, les décos et la voix de ma maman pour penser à autre chose et c’est finalement passé, au bout d’une vingtaine de minutes, je dirais.

La troisième piqûre a été la plus longue à attendre. C’est Mr. Laborantin qui me l’a faite. Il a été très gentil, rassurant et compréhensif. Il m’a dit de bien faire attention à moi et surtout, de n’écouter personne. Il m’a dit qu’il trouvait dommage que certaines femmes ayant déjà été enceintes puissent essayer de faire peur aux « nouvelles » (En parlant de la dame de la première piqûre avec sa petite réflexion sur le glucose pas bon.), qu’il avait l’impression que certaines en profitaient pour valoriser leurs expériences vis à vis des autres et il m’a dit  » Je me permets de vous donner un conseil, faites en sorte que tout glisse sur vous. Tout le monde va vous donner son avis sur votre grossesse, votre maternité ou l’éducation de votre enfant, mais personne ne saura mieux que vous ce qui sera bon pour votre bébé. N’écoutez que vous, chaque enfant est unique, chaque mère est différente et n’ayez pas peur, tout va bien se passer. C’est le papa de 5 enfants qui vous le dit! ». Adorable vous disais-je.

En conclusion : Ce test n’est pas si terrible qu’on peut le croire. C’est juste impressionnant parce que c’est la première fois et que nous ne connaissons pas mais, nous régissons toutes différemment. Certaines font des malaises, d’autres vomissent, d’autres avalent le produit d’une traite ( si si, promis, c’est Mr. Laborantin qui me l’a dit) et d’autres auront simplement un coup de fatigue. Le plus difficile c’est la quantité à absorber rapidement et l’attente sur une chaise très inconfortable 😉 … Ou les gens qui vont vous entourer ce jour là aussi …

Alors, je dirais à toutes celles qui sont sur le point de passer le test HGPO : détendez-vous, ça va bien se passer. Mes copines instagrammettes me l’avaient dit, malgré ça, j’étais quand même anxieuse mais promis, c’est un « mauvais moment » à passer et quand on ressort du labo … ça donne une excuse pour aller se faire plaisir ! Pour ma part, j’ai été au macdo me prendre un cheeseburger avec potatoes et surtout un coca bien frais (mon fantasme de la matinée) … et j’ai craqué pour ma pepette chez Sergent Major ! #touteslesexcusesontbonnes

 

Et cerise sur le gâteau : Pas de diabète gestationnel pour moi ! yiiiihhaaaaa

 

Le deuxième trimestre

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Bonjour les filles,

Me revoilà après plusieurs mois d’absence. J’ai tellement de choses à vous raconter.

Je vous avais laissé à l’issue de la fin du premier trimestre de cette grossesse tant attendue. Aujourd’hui, je suis presque à la fin du second : 27 sa pour être exacte soit la fin du sixième mois. Pour celles qui ne me suivent pas sur Instagram, je peux vous le confirmer, nous avons le bonheur d’attendre une petite fille pour Octobre.

Ce deuxième trimestre a été plus facile à vivre que le premier : plus de nausées, plus de vomissements et surtout : j’ai pu manger, boire et sortir de manière normale. J’ai récupéré un semblant de vie sociale, et j’ai pu de nouveau prendre soin de moi. Oui, ça fait très superficielle de dire ce genre de choses mais je vous assure que ça fait du bien de pouvoir se retrouver un peu, malgré ce corps qui change … quitter le jogging de mon cher mari et pouvoir m’habiller, me maquiller et me coiffer de nouveau : c’était l’extase ! ( Oui, avec la grossesse, on se réjouit d’un rien … comme on peut pleurer aussi pour tout!)

Mais, la partie la plus magique de ces derniers mois a été de sentir (enfin) les coups de ma fille. Le tout premier était début mai. J’étais allongée dans mon canapé, tranquillement et j’ai ressenti un tout petit coup, je n’étais même pas sûre de ce que j’avais senti. Je me suis dis que si c’était Babygirl qui se manifestait, je reconnaitrais les prochains mouvements … ce qui ne tarda pas à arriver, quelques jours plus tard : C’était bien Elle. Je ressentais ses petits gestes, ses minuscules coups et ça me comblait de bonheur. Je crois que c’est une sensation tout à fait unique et indescriptible. Elle est là, Elle est en moi, Elle grandit, Elle s’agite, Elle vit : je porte la vie, la vie de mon enfant, de mon trésor, de mon tout petit bébé.

Pourtant, malgré mon émotion, je ne vous cache pas que ce qui m’a fait versé une larme, c’est lorsque mon mari essayait de sentir sa fille. Je voyais bien sa frustration de ne pas percevoir ses coups, de ne pas pouvoir partager ce bonheur avec moi, dans l’immédiat. Il était tellement impatient ! Tous les soirs sans exception, il posait sa main sur mon ventre, dans l’espoir de sentir les mouvements de son bébé … pendant deux semaines, il désespérait. Et puis, un soir, dans le lit, sans grande conviction, il a de nouveau posé sa main sur mon ventre car Babygirl faisait la rumba et, au bout de quelques secondes, j’ai vu son visage s’illuminer, ses yeux se remplir de joie et de larmes : ça y est, il avait, lui aussi, ce bonheur de sentir sa fille au creux de sa main. Tout comme je n’oublierais jamais son visage lorsque nous nous sommes vu, à mon arrivée, lors de notre cérémonie de mariage, je n’oublierais jamais ce moment non plus. Cette joie, ce bonheur, cette fierté aussi mais, surtout, cet amour que j’ai pu lire dans son regard.

{Il a gardé son petit rituel : poser sa main sur mon ventre pour dire bonsoir à sa fille, lui parler, l’embrasser et la câliner. Je crois que ça l’apaise et que ça l’aide à affronter ses journées.}

Après tout ça, nous sommes vite arrivé à l’échographie du deuxième trimestre, début juin. Je faisais cauchemars sur cauchemars, j’avais si peur d’apprendre de mauvaises nouvelles. Et si tout s’arrêtait ? Si c’était trop beau pour être vrai ? Mais mon cher et tendre était persuadé que tout allait bien, il le sentait, il se refusait à croire que notre bonheur s’arrêterait là : Il avait entièrement raison.

Mademoiselle va très bien, elle pesait 555grammes pour environ une vingtaine de centimètres. Elle se développe correctement, elle est assez agitée « ahhh, c’est pas un bébé calme que vous là ! » dixit l’échographiste, elle est très trop tonique dans ses mouvements … d’ailleurs ça ne lui a pas plu du tout de se faire sonder : elle n’arrêtait pas de mettre des coups dans la sonde afin de retrouver sa tranquillité et une fois que mademoiselle avait fait son petit bazar, elle s’est mise à bailler … ( oui, nos petits coeurs de chamallow ont fondu a ce moment précis !) Bref, nous étions émerveillés par cette petite chose qui grandit en moi, et je crois que c’est lors de ce rendez-vous que nous avons vraiment commencé à réaliser que nous allions avoir notre trésor dans quelques mois. Futur papa a même versé sa petite larme … je ne prends pas trop de risques à dire qu’il est déjà complètement fou de sa Princesse

Nous préparons doucement son arrivée, nous avons acheté sa poussette, nous avons acheté sa chambre, choisi la décoration et préparé sa liste de naissance. Nous avons même déjà reçu des cadeaux de nos proches et quel bonheur de se rendre au magasin, de donner notre nom et de repartir avec le matériel de puériculture pour notre enfant.

Il y a une semaine, j’ai passé l’échographie du sixième mois. Babygirl va bien, elle pesait environ 860 grammes pour environ 26 centimètres. Prévision à terme ? Environ 3 kilos à 3 kilos 200 ! Ce ne sera pas un gros bébé. Mais ça, j’en étais déjà convaincue depuis le début.

Toujours aussi chipie, par contre, car elle ne voulait pas qu’on voit son visage (tant pis pour la jolie echo 3D !), Elle nous a surtout montré son dos et ses fesses ! En tout cas, zéro doute sur le fait que ce soit une fille ! Le Dr. B. a bien essayé de la retourner, de la calmer et de lui faire entendre raison … « mais c’est une vraie tête de mule ! » … « Dis donc, elle a un sacré petit caractère déjà ! » … Je ne vois pas de qui elle tient ça 🙄 … « Ok, j’abandonne ! » … oui, même pas encore née qu’elle est déjà effrontée ! Mais bon, l’essentiel c’est que toutes les mesures soient bonnes, qu’elle grandisse bien et se développe bien.

~ Je ne réalise toujours pas franchement ce qui est entrain de nous arriver. Le troisième trimestre pointe son nez mais nous sommes comme dans un rêve. Ces instants que nous avions souhaiter vivre, ces souvenirs que nous ne pensions pas avoir, ces bonheurs à partager … c’est tellement magique ! Lorsque je vois mon ventre se déformer sous ses coups, lorsque mon mari a sa main posé sur mon ventre et qu’elle vient se blottir contre son papa, là, je réalise un peu. Là je me dis que dans quelques mois nous serons parents. Pour l’instant, nous l’imaginons, nous la rêvons encore et nous l’attendons, impatiemment, amoureusement. ~

Je reviendrais bientôt vous parler de mon test HGPO ! Je le passe demain matin … souhaitez moi bonne chance 🙈

Mes trois premiers mois…

Aujourd’hui, je viens vous parler de mes trois premiers mois 2018 … qui ont aussi été les trois premiers mois de ma nouvelle vie de future maman ! Et, oui, déjà trois mois !

Un petit retour en arrière s’impose : début janvier, mon application de suivi de cycle me prédit une ovulation pour le 9 janvier … date à laquelle, je pars en réunion pour la semaine.    [  : moment oléolé !] Chéri est fatigué, nous n’aurons fait nos travaux pratiques que le 7 janvier au soir : c’est mort pour ce mois-ci, je ne me fait pas d’illusions. Pendant des mois nous nous sommes câlinés au bon moment, là … c’est sûr que ça ne fonctionnera pas !

Je pars en séminaire, déçue, triste et un peu en colère. Dans le train, je suis prise de vertiges, de tournis et je ne me sens vraiment pas bien… bizarre, ça ne m’etait jamais arrivé !

La semaine passe, celle d’après également mais, je me sens étrange, différente. Je ne saurais dire pourquoi, ni comment. Une cliente me demande si je ne serais pas enceinte « haha! La bonne blague! Non non, je ne suis pas enceinte! » – « Si ça se trouve, tu l’es mais tu ne le sais pas encore ! Crois-moi, je sens ces choses là, et je me trompe rarement! » …

Le doute s’installe doucement. Mais je ne veux pas y croire.

Des signes se manifestent : mon chien est un vrai pot-de-colle, je suis épuisée, je pleure beaucoup et je me sens différente. Je ne veux toujours pas y croire mais j’ai de plus en plus de doutes.

Mes règles sont sensées arriver mercredi. Comme d’habitude, elles auront du retard, je vais me faire des films, et comme d’habitude, je vais être déçue.

Ça m’a travaillé tout le week-end.

Le lundi, en rentrant du travail, prise d’une envie (hyyyyper) pressante, je me dis qu’au lieu de me faire des noeuds au cerveau, pour rien en plus, je n’ai qu’à faire un test. Il serait négatif, comme d’habitude et au moins, plus de prise de tête.

Sauf que … au bout de quelques secondes, je regarde ce fameux test et, commence à apparaître une deuxième ligne. Je me mets à rire « pfff, et même mes yeux me jouent des tours, saleté de lumière ! » … [ Oui, quand on n’y croit pas, on n’y croit pas ]

Je sors des wc avec le test, pour changer de lumière et conclure que ce test n’est pas positif. Pourtant, cette deuxième barre est bien là. Serait-ce possible que ? Noooon ?! Si.

Je reste figée. Je regarde cette petite chose en plastique, qui vient de m’indiquer que, peut-être, la lumière est (enfin) au bout du tunnel. Quelques minutes passent, je réalise. J’en pleure.

Je reprends mes esprits (un peu), et je me dis que cheri va bientôt rentrer, que c’est le moment que j’attendais depuis 3 ans et demi : le surprendre ! J’ouvre la boîte de vêtements que nous avions acheté precedement, et y trouve un joli pyjama avec l’inscription « papa&maman ont un trésor », j’y joins le test, emballe le tout, précieusement, dans une jolie boîte et attends sagement que ma moitié arrive.

Quand il est rentré, il m’a demandé ce que c’était, je lui ai dis que c’était un cadeau. Il a ouvert, s’est figé, puis a sourit… s’est figé de nouveau, m’a regardé puis m’a demandé, les larmes aux yeux « Nooooon ? C’est pas vrai?! C’est vrai? » … ma réponse a été de fondre en larme! On a pleuré ensemble … Bébé est là.

Le lendemain, prise de sang positive à 446ui. Contrôle 48h plus tard à 1364ui. Tout va bien. La semaine qui a suivie, contrôle echo avec Gygy, mon Dr.B. : bébé est bien placé. L’ovulation a eu lieu le 9 janvier … mes petits malaises dans le train auraient-ils un rapport avec cette ovulation ? C’est fort probable!

Contrôle dans 3 semaines pour voir l’évolution.

Mais de fin janvier à fin février … ma meilleure amie s’est nommée  » Nausée » et parfois souvent même, elle venait avec sa sœur « Vomissements ». Ça a été une période vraiment difficile à affronter. Nous étions en plein déménagement, je n’ai rien pu faire ou presque. J’étais exténuée, affaiblie, rien ne passait … à part quelques tucs salés et des biscottes. J’avais faim, j’avais soif, mais impossible de m’alimenter correctement. Résultat des courses, en un mois : -3 kilos.

Nous voilà au 19 février, jour de l’écho de datation. Le stress monte. Je suis pétrifiée à l’idée d’apprendre une mauvaise nouvelle. Qu’on me dise que tout cela n’était qu’un rêve, que je dois me réveiller.

Cela fait plusieurs jours que j’ai beaucoup moins de nausées, moins mal aux seins et que je suis (un peu) moins fatiguée ! Et oui, la logique des femmes : « vivement que ces symptômes passent je n’en peux plus » – symptômes passent – « ahhh mais c’est pas normal que j’ai moins de symptômes, y a un problème ! »

Ma copine « Paranoïa » s’est emparée de moi. « Et si bebe n’était plus là ? C’est pour ça que j’ai moins de symptômes ?! » –  » et si son coeur ne bat plus ? Ça expliquerait tout !! » … au secours, mon coeur va lâcher et ma tête va exploser !

Et finalement … Tout va bien, petit poussin se développe bien, son cœur bat la chamade et il semble bien accroché. C’est juste mon corps qui régule un peu mieux les hormones et qui s’habitue aussi. Je suis soulagée. Dr. B. me confirme que bebe sera pour début octobre et me donne rendez-vous au 27 mars pour l’écho du premier trimestre !

Le reste du mois de février et le mois de mars se déroulent plutôt bien. J’ai moins de nausées, plus de vomissements (un ou deux tout au plus), je mange de nouveau, je vis mieux ! Je peux enfin profiter plus de cette merveilleuse nouvelle. Mon ventre commence à s’arrondir. Parfois, je me regarde et j’ai du mal à réaliser ! Je fixe mon ventre, et j’ai juste l’impression d’avoir trop mangé et d’avoir le ventre gonflé ! Chéri commence à m’appeler « ma grosse Madeleine » … ok, on ne va vraiment pu pouvoir le cacher longtemps !

Fin mars, Echo T1, nous y voilà. Après des semaines d’angoisses, de nausées et plus si affinités, de pleurs, de doutes, de joies, de larmes… Nous t’avons rencontré.

Pas ta poche, Pas ton toi têtard ou ton toi haricot, ton TOI, ton vrai. Tu es là, dans mon ventre, nous avons vu ta petite tête, ton petit visage, tes petites mains et tes tout petits pieds … tu gigotais, tu t’es même fait disputé par Dr.B. car tu l’empêchais de contrôler si tout allait bien, et visiblement, ça ne t’as pas plu qu’on vienne te déranger, mais tu étais fatigué et tu as fini par t’endormir.

Mais, tout va bien et nous connaissons même déjà, ton merveilleux secret.

Nous sommes sur un nuage. Nous t’attendions depuis si longtemps.

C’est difficile de réaliser que ce dont nous rêvions depuis des années s’est enfin produit. Nous nous sommes autorisé à espérer, à nous projeter et à y croire enfin.

À toutes les futures mamans, qui attendent encore, courage. C’est si difficile de continuer à garder espoir, mais parfois, les miracles arrivent. J’en suis la preuve. Il m’aura fallu changer de clinique et de médecins mais je suis tombée sur mon magicien, mon Dr. B. ! On me parlait d’infertilité, d’ovaires polykystiques, d’endométriose, de trompe atrophiée, de nodules, d’adhérences, de douleurs inexpliquées, d’IAC, de FIV … et demain, j’en serais à 14 sa d’une grossesse complètement naturelle. Oui, j’ai eu beaucoup de chance mais je suis sure qu’on aura toutes ce bonheur de voir nos gros bidou, nos merveilleuses échos et nos magnifiques bébés.

Je vous embrasse 😘

Lettre à T.

Plus de dix ans d’amitié, plus de dix ans gâchés.

Cela fait quelques temps que j’ai envie de te parler, mais je n’y arrive pas.

Chaque matin, lorsque je me lève, je pense à toi, à ces mots que tu as dis, et surtout, à ceux que tu n’as pas dit.

Depuis plusieurs semaines, j’ai la gorge qui se serre, les yeux mouillés et le coeur en morceaux, à chaque fois que je pense à toi.

Quoique non, c’est faux, parfois, je suis aussi en colère, j’ai envie de crier, de m’agiter et de te secouer.

Je n’arrive pas à te pardonner tant de méchanceté, tant d’indifférence et tant d’égoïsme.

Tu sais, ça fait 45 mois que nous attendons notre enfant, 45 mois que je pleure, que j’ai mal et que je me sens seule.

Au début, j’ai gardé tout ça pour moi car j’étais sure que tu ne comprendrais pas. Ensuite, je suis tombée enceinte mais bébé s’est perdu dans ma trompe gauche. J’attendais un peu plus de soutien, de présence et de gentillesse et déjà, à cette période là, tu n’étais pas vraiment là. Je n’ai rien dis, tu ne voulais pas d’enfant, tu ne pouvais pas mesurer ma douleur émotionnelle et encore moins physique.

Trois mois plus tard, j’étais de nouveau enceinte, et de nouveau, je perdais bébé. Je me souviens du moment où je t’ai annoncé que je venais de perdre encore un enfant. Tu étais assise face à moi, tu n’as eu aucune réaction. Comme si cela ne comptais pas, comme si je jouais la comédie, comme si j’exagérais la situation. J’ai retenu mes larmes. Encore une fois, je me suis dis que tu ne pouvais pas comprendre. Je te cherchais des excuses, je refusais de voir que notre relation n’allait que dans un sens : le tien.

Les mois ont passés, tu ne me demandais pas comment j’allais. Je prenais sur moi, j’essayais de rester forte, je ne pleurais que le soir, seule, assise par terre dans ma salle de bain. Je n’avais personne à qui me confier, personne qui m’écoutait, personne qui essayait de me comprendre.

Puis, tu m’as annoncé que tu avais arrêté ta pilule, neuf mois et deux semaines précisément, avant mon mariage. Quand je l’ai su, j’ai eu mal. Si tu tombais enceinte du premier coup, tu ne serais pas là pour le plus beau jour de ma vie. Je te l’ai dis. Tu n’as su me répondre que « C’est pas grave, tu peux te marier avec un seul témoin! ». J’ai eu cette sensation que je ne comptais pas autant pour toi, que toi tu comptais pour moi. J’aurais déjà dû ouvrir les yeux à ce moment là.

Au bout de deux mois d’essais, tu as osé me dire « oh la la, je passe ma vie sur les forums pour guetter les symptômes de grossesse, je fais ma « {mon prénom} »! Haha! » … tu t’es moqué de moi, tu as minimisé ma peine, mes mois d’attente et pire, tu n’as même pas réalisé ce que tu disais. Je me sentais encore plus seule.

Au fond de moi, j’espérais que tu mettes quelques mois à tomber enceinte. Qu’enfin tu comprennes comme c’est difficile d’attendre, d’espérer et de croire en quelque chose qui n’arrive finalement pas. Je voulais que tu ME comprennes.

Mais, un mois et demi plus tard, tu m’apprenais ta grossesse.

Jamais je n’oublierais cette journée. Je revenais d’une semaine de déplacement, j’étais fatiguée et je m’étais levée tôt pour venir t’aider dans ton déménagement. Tu m’as demandé de t’accompagner en courses, pour le midi. Nous sommes montés dans ma voiture et tu m’as dit « bon je dois te dire quelque chose … ce qui devait arriver, arriva… ». J’ai eu peur de comprendre, tu as été plus claire: « Bah, je suis enceinte! ».

Aucune délicatesse, aucune compassion, juste la vérité, brute et soudaine. Le monde s’est écroulé autour de moi.

J’ai pris sur moi, je n’ai pas pleuré, je t’ai serré fort, je t’ai félicité et j’ai voulu être l’amie qui n’aurait pas eu ces problèmes de fertilité. J’ai voulu être là pour toi. J’ai voulu être ta meilleure amie.

Toute la journée a été affreuse. J’ai enduré. Je vous ai tous laissé parler de bébé, du surnom que vous lui aviez déjà trouvé, du prénom auquel vous aviez pensé… j’étais là, j’étais anéantie, mais personne ne le voyait. Tout le monde s’en fichait.

Lorsque nous sommes rentrés, je n’ai fais que pleurer. J’aurais aimé recevoir un message de ta part, j’aurais aimé que tu me montre que maintenant, tu comprenais ce que je vivais mais, ça a empiré.

Tu as annoncé ta grossesse à tout le monde, très rapidement, en me disant que « au pire si je fais une fausse couche, bah au moins, les gens seront au courant! » … tu n’as encore pas mesuré l’impact de ce que tu me disais. Comme si perdre un bébé, ce n’était rien, ça arrivait, c’est courant après tout.

Deux semaines après, j’apprenais la grossesse d’une amie et trois semaines après, encore une autre. Heureusement, les conjoints de ces femmes, avaient prévenus mon mari afin que l’annonce soit moins dure pour moi. Ils y avaient pensé. Mais ça, tu ne le savais pas. Et lorsque nous avons été déjeuné ensemble, encore une fois, tu n’as pas pris de pincettes pour m’annoncer ce que tu savais. J’ai ravalé mes larmes.

Au fils des mois, je répondais présente pour toi, je t’écrivais pour savoir comment tu allais, je te demandais comment bébé se portait, comment s’était passé tes rendez-vous et tes examens. Je t’ai même demandé à voir les échographies de ton enfant. Je voulais que tu saches que, malgré ma douleur, j’étais ton amie.

Parfois, tu essayais de me demander où j’en étais dans les essais et comment je me sentais, mais je pense pouvoir compter ce nombre de fois, sur les doigts de ma main.

J’essayais de me dire que tu étais maladroite, peut être mal à l’aise avec la situation ou juste que tu ne voulais pas remuer le couteau dans la plaie. Aujourd’hui, j’essaye encore de m’en convaincre.

Lorsque je te parlais de mes problèmes, de mes peines ou de mes rendez-vous, je ressentais ton manque d’intérêt, ton manque de connaissance et ton manque d’empathie: Tu me répétais sans cesse « de ne pas y penser », « d’arrêter de me prendre la tête », après tout, toi, tu avais calculé ton ovulation et tu étais tombé enceinte la semaine suivante, et non celle où tu avais prévu tes rapports.

« C’est arrivé quand je n’y pensais pas ! » Alors, si quelqu’un pouvait me conseiller, tu devais penser que tu étais bien placé pour le faire. Et tu vois, malgré l’agacement que tu me faisais ressentir dans ces moments la, je ne disais rien.

Tu sais pourquoi ? Parce que je me disais qu’au moins, tu essayais d’être un peu à l’écoute et que j’avais cruellement besoin de parler à quelqu’un.

Puis, un soir, tu m’as appelé et tu m’as dis « ça y est, A. est là! ». Je n’ai pas compris de suite. Et c’est lorsque je l’ai entendu pleurer, à l’autre bout du fil que j’ai réalisé: tu étais devenue une maman.

Moi, j’en étais au même point.

Tu m’as raconté ton accouchement, tu m’as dis comment tu te sentais et tu as dû raccrocher.

J’étais dans mon lit, je me suis figée, puis j’ai pleuré, encore. Tu connaissais le plus merveilleux des bonheurs, tu n’as pas eu de difficultés à l’avoir, ta grossesse s’est bien passée, tu n’as pas vraiment réalisé que cela aurait pu mal tourner, non, toi tu as toujours de la chance. Et il y avait moi. L’exacte opposée.

Je suis venue tous les jours te voir, à la maternité. J’ai répondu présente quand tu avais besoin de t’énerver, de pleurer ou juste de discuter. Pas une fois, tu n’as dû te poser la question, de comment moi, je me sentais ? Ou alors, tu n’as jamais osé me le demander ?

La deuxième journée à la maison, tu m’as appelé en larmes car tu n’arrivais pas à calmer A., il pleurait beaucoup et tu ne savais pas quoi faire.

J’ai appelé un autre couple d’amis, pour faire une soirée pizza chez vous, afin de vous changer un peu les idées. Mais le repas ne s’est pas passée comme je l’aurais pensé : Vous n’avez fait que vous plaindre de votre fils, vous avez tenus des propos tellement aberrants.

Je n’aurais jamais imaginé entendre ce genre de choses et encore moins venant de personnes qui étaient devenues parents six jours auparavant.

Même fatigués, même énervés, il y a des choses qu’on ne peut pas dire et, encore moins devant un couple qui souhaiterait, plus que tout au monde, être à votre place. Mais ça, vous ne l’avez pas réalisé de suite. Vous étiez trop occupés à vous plaindre. Après tout, « si on avait su que c’était comme ça, bah on aurait attendu! ».

J’étais choquée de voir votre manque de préparation à cet événement, votre manque d’intérêt mais surtout de comprendre votre regret d’être devenus parents.

Quand il s’est endormi, vous nous avez mis dehors comme des mal-propres. Je ne m’en suis pas formalisée car vous étiez vraiment fatigués.

Les jours ont passés, je n’ai jamais eu un merci, jamais un message, rien.

Tu avais d’autres choses à penser. Et, visiblement c’était « normal » que je sois là pour toi, malgré la situation, malgré ma peine, malgré ton comportement.

Tu ne faisais que te plaindre, hurler après ce petit être, et te mettre en colère pour tout et n’importe quoi. Je ne savais même plus quoi te dire ou comment te le dire.

Ça me faisait mal au coeur de te voir si dépassée, si perdue et en colère.

J’essayais juste de te montrer que tu n’étais pas seule? Que même si je ne vivais pas ce que toi tu vivais, j’essayais de m’y intéresser, j’essayais de te comprendre, j’essayais de te montrer que je tenais à toi, j’essayais de te montrer ce que c’était d’avoir une vraie amie.

Lorsque je t’ai envoyé cet article, j’étais loin de me douter que ça signerait le début de la fin de notre relation. J’ai juste voulu être gentille, compatissante et amicale. Mais, tu ne l’as pas entendu de cette oreille.

Depuis ces mots très blessants que tu as eu à mon anniversaire, j’attendais juste un message. J’attendais que tu sois l’amie que j’ai été pour toi. Tu as choquée tout le monde, tu n’es pas capable de te remettre en question malgré ça.

Avec le recul, ce qui me fait le plus mal, ce ne sont même plus tes mots, c’est ton attitude envers moi. Je ne pense pas mériter d’être traitée comme cela.

Tant d’indifférence !

Et tu as osé dire à mon mari que tu avais fais des efforts pour me parler ? Que tu avais bien vu que quelque chose n’allait pas mais puisque je me suis moins intéressée à toi, tu avais estimé que tu n’avais pas à t’en inquiéter puisque « chacun ses problèmes, j’ai d’autres problèmes à gérer » ?!

Alors notre amitié se résume a cette dernière phrase, je suppose.

Oui, tant que je m’intéressais à toi, que j’étais là pour toi, j’avais droit à un peu de ta sympathie, mais puisque je m’éloigne, tant pis. Pourtant, ce que tu n’as toujours pas compris c’est que c’est ton comportement qui m’éloigne de toi.

Je réalise aujourd’hui que je t’ai beaucoup donné mais que je n’ai pas reçu énormément.

J’ai pris sur moi pendant neuf mois, pour toi, par amour pour toi. J’ai répondu présente tant que je le pouvais et, à la première occasion, tu m’as claqué la porte au nez.

Aujourd’hui, malgré tout l’amour que je te porte, je suis incapable de te pardonner sans que tu te sois excusée, que vous vous soyez excusés, de votre comportement, de vos propos.

Tu as tapé là où j’ai le plus mal, là où je suis la plus fragile et surtout là où je ne t’attendais pas.

Tu sais pourquoi c’est si douloureux ? Pourquoi cette petite phrase prend tant d’ampleur ? Parce qu’elle touche le plus grand malheur de mon existence: celui de ne pas réussir à porter et donner la vie.

« Tu n’as pas d’enfant, tu ne peux pas comprendre », ce que tu oublies c’est que si, des enfants j’en ai. Je suis une mamange.

Mes trois petites étoiles sont là-haut, dans le ciel, et j’aurais tout donné pour les entendre pleurer, les voir et les sentir contre moi.

J’échangerais tes nuits blanches, les pleurs et les couches et tes journées volontiers. Moi, je n’attends que ça.

J’attends de ne plus dormir, j’attends de donner le biberon à trois heures du matin, j’attends de changer une couche, j’attends les promenades en poussettes pour expliquer à bebe, le monde qui l’entoure, j’attends tout ce dont toi, tu te plains.

Alors oui, être une maman, c’est difficile. Je ne le sais pas, comme tu le penses, mais j’en ai conscience. Mais toi? As-tu connaissance de la difficulté que c’est d’être une infertile ? Imagines-tu à quel point c’est dur de passer de médecins en médecins? D’examens en examens ? De traitements en traitements ? D’apprendre sans arrêt de mauvaises nouvelles ? Sais-tu comment est rythmé le quotidien d’une infertile ? Comprends-tu la douleur et la culpabilité qui nous rongent chaque instant ? Réalises-tu la dureté des protocoles ou des opérations ? Visualises-tu la conception de ton bébé, entièrement médicalisé ? Ressens-tu l’espoir et le désespoir à chacun de tes cycles ? Sais-tu la douleur qu’on ressent lorsqu’on perd son enfant ? Sais-tu comme on est anéanties lorsqu’on devient une mamange ?

À toutes ces questions, la réponse est non.

Si tu n’avais pas été au courant de ce qu’il s’est passé dans ma vie ces 45 derniers mois, j’aurais eu mal mais tu ne l’aurais pas fait exprès.

Mais tu savais. Tu sais.

Nos amis t’en ont parlé, tu as toi même évoqué le sujet avec eux et pour autant, je ne mérite pas, à tes yeux, que tu ravale ta fierté et que tu m’écrive, que tu t’excuses et que tu sauves notre relation ?

Mon papa me répète toujours que dans chaque situation, il faut savoir tirer du positif.

Tu sais quel enseignement j’ai tiré de cette histoire ?

Je sais que toi et moi, nous n’avons pas la même conception de l’amitié et que, dorénavant, toute l’énergie que je te consacrais, je la garderais pour moi.

Elle me servira à trouver la force de remporter cette bataille contre mère nature et à devenir une meilleure maman que j’ai été une meilleure amie.

Au revoir ou adieu BFF …

Bonjour à toutes,

Aujourd’hui, c’est le coeur assez lourd que je vous écris ces lignes. Vous rappelez vous de T. ? Ma BFF ? Ma témoin de mariage ? Je pense que cette fois, c’est terminé.

Pour rappel, T. est tombée enceinte en décembre 2016, après 3 mois d’essais. Cela a été très difficile à vivre, pour moi, mais j’ai tenu bon, afin de répondre présente tout au long de sa grossesse. Plus je voyais son ventre grossir, plus le vide dans ma poitrine grandissait. Ça a été très dur de garder le cap mais, j’y suis arrivée.

En septembre 2017, son fils est né.

Bien sûr, comme vous vous en doutez, j’ai versé toutes les larmes de mon corps, lorsqu’elle m’a appelé pour m’annoncer qu’il était là et que mon ventre à moi était désespérément vide.

J’ai passé ma soirée à pleurer et ma nuit à me demander pourquoi je n’avais pas le droit de connaître ce simple bonheur de devenir maman.

Elle m’a demandé d’être la marraine lorsque je suis venue à la maternité: quel bonheur ! J’étais un peu moins malheureuse … même un peu heureuse de voir ce petit être, de remplir un rôle important dans sa vie, d’être juste là pour lui aussi.

Les jours ont passés et la colère et l’impulsivité de T. se sont installés.

Des insultes, des hurlements, et j’en passe, contre son fils. Elle n’arrivait pas à gérer son rôle de mère. Elle n’arrivait pas à s’en occuper. Ce n’était pas ce qu’elle imaginait. Au début, j’ai eu beaucoup de peine pour elle. Elle n’était pas prête. Elle a fait un enfant par « suite logique » et non par envie. J’ai encore été là. J’ai essayé de la rassurer, de lui remonter le moral car je ne supportais pas la voir pleurer et autant s’inquiéter. Mais, je ne savais pas vraiment quoi lui dire ? « Ça va aller? » Ou « c’est un mauvais moment à passer? » … ces phrases qui, dans mon cas, me gonflent déjà.

Les semaines défilaient et son rôle de maman n’était toujours pas ancré en elle. J’avais la sensation qu’elle rejetait son bébé. Elle a eu des propos très violents contre lui, et je voyais bien qu’elle perdait pied. Bébé ne dormait pas, pleurait beaucoup et T. n’en pouvait plus.

Elle était agressive et parfois même, méchante. Elle ne m’écrivait que pour se plaindre de son manque de sommeil, de la difficulté que c’était de gérer ce quotidien auquel, elle ne s’attendait vraiment pas. J’écoutais, j’étais là, j’essayais de la calmer.

Peu de temps avant mon anniversaire, je trouvais un article de « Magic Maman » sur le rythme de sommeil des bébés de 0 à 9 mois. Je l’ai lu. Il était véritablement intéressant et démontrait à T. que si bebe pleurait beaucoup et dormait peu : elle n’y pouvait rien.

Tout les parents passent par là et, à part prendre son mal en patience, il n’y avait rien à faire.

C’est là, lorsque je lui ai envoyé cet article, que ça a commencé à déraper.

Elle m’a répondu qu’elle avait déjà lu tous les articles d’internet, que ça ne servait à rien de lui envoyer ce genre de chose et que de toutes façons, le problème n’était pas là, qu’il faisait ses nuits.

Euuuuuhhhh …

Bref, quelques jours plus tard, au téléphone, nous en avons rediscuté et elle m’a « gentillement » dit que c’était plus la peine d’envoyer ce genre de chose, que je l’avais énervée et que elle avait pas besoin de ça.

Ok. Je lui ai dis que je ne permettrais plus d’essayer de l’aider et que si ça lui avait fait de la peine, ce n’était pas le but et je me suis excusée.

Lors de ma soirée d’anniversaire, nous annonçons l’achat de notre maison puis nous trinquons. C’est le moment qu’a choisi son mari pour me dire, je cite « par contre, tes trucs pourris là, la prochaine fois : t’évites! » – « de quoi ? » – « tes articles de merde là, ce que tu as envoyés à T., t’as pas à lui envoyer ! Tu peux pas comprendre ce que c’est donc, t’arrête et en plus, tu la soûlée ! », ce à quoi, T. a ajouté « ouais c’est vrai, à part m’énerver encore plus, ça sert à rien ce que t’as fait! Déjà qu’il pleurait, et j’en pouvais plus, et toi t’envoie ça, ca m’a vraiment gonflé, on dirait que t’essaye de me conseiller et t’as pas le faire ! » …

J’étais assez ébahie par tant d’aplombs à dire ce genres de choses, à ma soirée d’anniversaire et, remettons nous dans le contexte : je venais de me faire opérer, une semaine auparavant.

J’ai voulu répondre que je n’avais pas d’enfants et que je me permettrais pas de lui donner des conseils mais que quand elle ne cesse de me dire qu’elle n’en peut plus, que ça ne va pas, je ne savais plus quoi lui dire et que j’avais trouvé que cet article était plutôt bien rédigé.

Il expliquait parfaitement, ce à quoi, les parents étaient confrontés avec des nouveaux nés. Rien de plus. Sauf, qu’elle m’a coupé à « j’ai pas d’enfants » par un magnifique « bah justement, t’as pas d’enfants donc tu sais pas ce que c’est! » …

À ce moment précis, j’ai senti mon coeur se briser. Oui, je n’ai pas d’enfants et c’est le grand malheur de ma vie. Nous, cet enfant, nous le désirons, nous l’attendons et nous nous battons pour qu’un jour, nous puissions être réveillés en pleine nuit, pour l’entendre pleurer, pour venir le rassurer et pour comprendre ce qu’est la parentalité.

Je me suis sentie comme un animal blessée, à terre, avec un fusil braqué sur ma tempe. Je n’ai pas d’enfants. Oui, ça je le sais bien. Comment avez vous osé me dire ce genre de choses ? J’ai été là du début à la fin de sa grossesse, j’ai été là pour les moments importants, j’ai été là, à la maternité, j’ai été là pour les premiers moments de votre vie de parents et tout ce que je mérite c’est ça ? Une lapidation en publique ? Le jour de mon anniversaire ?

J’ai pris sur moi, mais même nos autres amis étaient choqués de cette petite scène qui venait de se dérouler. La soirée a été écourté. Environ 1h30 plus tard, tout le monde était partis.

Deux semaines plus tard, toujours blessée et sans nouvelles de T. depuis, nous allons boire un verre avec notre groupe d’amis. J’étais très distante avec T. et son mari. Je n’y arrivais pas, c’était trop difficile de faire comme si tout allait bien. Mon chéri a pris son mari à part afin de lui expliquer que son comportement avait été vraiment blessant et déplacé et que ce qu’il m’avait dit m’avait énormément affecté, il lui a répondu qu’il ne regrettait pas ses propos mais qu’effectivement, il n’aurait pas dû m’en parler devant tout le monde, qu’il s’excuserait.

Nous avons fini au restaurant, tous les quatre. J’ai accepté en me disant que j’aurais ses fameuses excuses … rien. Pour eux, tout allait bien. J’ai attendu. J’attends encore.

Fin de soirée, nous sommes parti, j’étais très amère.

Les semaines ont passées, je n’avais pas de nouvelles de T., je n’en ai pas donné non plus.

Nous nous sommes revu pour l’anniversaire d’un ami, fin décembre.

Je n’avais pas envie de leurs parler, ni même de les voir. J’avais acheté un cadeau pour leur fils, j’avais juste envie de leurs envoyer dans la figure. La soirée s’est bien passée. Apres tout, je n’allais pas gâcher l’anniversaire de quelqu’un. J’ai pris sur moi. Mais, malgré tout, l’ambiance était froide et distante.

Nous avons eu l’occasion d’en discuter avec nos autres amis, présents ou non, le soir de mes 28 ans. Tous, sans exceptions, ont été choqués du comportement de T. et de son mari, ils me disent qu’ils comprennent ma déception, mais me demandent de faire un pas vers eux car « sois plus intelligente, tu sais comment ils sont! » Mais je refuse. Outre la blessure, j’ai une dignité. Si j’accepte que l’on me parle comme cela, sous mon propre toit… j’estime que ce serait « porte ouverte à tout ».

Certains en ont même discuté avec T. et son mari, en leurs disant que nous étions blessés et attristés de leurs propos. Ils savent donc pourquoi nous nous éloignons.

Hier, ça a commencé à éclater. T. a proposé un apéro chez elle, sur notre discussion de groupe facebook. Je lui ai répondu que je n’étais pas disponible. J’ai reçu un sms « tu peux pas venir ou tu veux pas ? », ce à quoi j’ai répondu « Pas envie de sortir, je suis crevée, pas dormi cette nuit ». Pas de réponse. Plusieurs personnes avaient des choses de prévues mais l’une d’entre elles a répondu qu’ils pouvaient se voir demain, s’ils le voulaient. T. a cru bon de répondre « enfin quelqu’un qui veut nous voir ! Lol » … petite pique qui nous était évidement, dirigée.

C’était la goutte d’eau. Mon chéri a répondu « Au lieu de faire ce genre de commentaires sur le groupe, tu devrais plutôt te poser la question de savoir pourquoi nous ne voulons pas venir chez vous.

Merci d’arrêter ce genre de commentaires puérils et stupides avant que je m’énerve pour de bon. »

et elle a encore surenchéri …

« Ah ben je sais pas ça fait 2 mois que vous faite la gueule! »

« C’est vrai que faire du boudin plutôt que de dire les choses ce n’est pas du tout puéril ».

Donc, nous faisons du boudin, comme des enfants, c’est cela qu’elle pense. Que notre réaction n’est ni légitime, ni fondée. Que rien n’est grave. Comme un enfant qui pleurerait parce qu’il n’aurait pas eu le goûter qu’il souhaitait. Ma peine est donc réduit à ça, « faire du boudin ».

S’en est suivi des échanges sms plutôt aberrants, entre T. et Mon chéri.

Elle ne comprend vraiment pas pourquoi je réagi comme cela et estime même qu’elle fait des efforts pour moi : « je lui ai envoyé un sms de joyeux noël, je lui ai envoyé un sms pour la remercier pour la peluche de Bebe et elle, elle m’a pas écrit pour ma reprise de travail, pour mon changement de travail et elle, elle a répondu froidement (parce que je ne mets pas de smiley dans mes sms .. si,si,c’est vrai), elle me donne pas de nouvelles » et j’en passe et des meilleures. Tout ce qu’elle me reproche, ce sont des choses qu’elle-même ne fait pas pour moi. Elle ne m’écrit ou ne m’appelle jamais, elle ne m’a pas demandé comment s’était passé mon retour au travail, suite à mon opération, ni même si ça avait fonctionné. Le dernier sms que j’ai eu était le jour même de la coelio pour savoir comment je me sentais. Et lorsque mon chéri lui a fait remarqué, et que c’était se renvoyer la balle, que c’était inutile et qu’elle ne se posait même pas là questions de savoir pourquoi je réagissais différemment et que j’étais distante, T. a répondu que si elle ne s’y était pas intéressée, c’est que chacun avait ses problèmes, et qu’elle avait d’autres problèmes à gérer.

Voilà, en gros, MOI, je dois répondre présente pour elle, je dois supporter ses plaintes, ses humeurs et m’intéresser à elle. Je dois prendre des nouvelles, je dois l’écouter mais lorsqu’il s’agit de s’intéresser à moi, elle a d’autres choses à gérer… sauf que là, la source de ma peine, c’est elle. (Et que je reste convaincue qu’elle le sait pertinemment, puisqu’elle en a discuté avec une autre amie qui m’a un peu raconté leur conversation, comme je vous le disais plus haut.).

Mais c’est moins important que ses problèmes. Apres tout, MOI, je n’ai pas d’enfants, mes problèmes ne peuvent pas rivaliser avec les siens ?

Si, aujourd’hui, je vous raconte tout ça, c’est pour avoir vos avis. D’un point de vue extérieur, suis-je vraiment une mauvaise amie ? Je n’en ai pas l’impression, mais tout le monde me dit de passer à autre chose, que c’est dommage de gâcher une amitié « juste pour ça », d’aller leurs parler et je ne m’en sens pas capable.

Ils ne peuvent pas comprendre… EUX n’ont pas de soucis pour avoir un enfant.

J’ai besoin de vous, j’ai besoin de vos avis, j’ai besoin de savoir.

Elle ne comprend pas, elle ne veut pas comprendre. Elle ne m’a toujours pas écrit.

Dites moi comment vous auriez réagi à ma place ? Dites moi ce que vous feriez à ma place ? J’ai besoin de vous les filles, je ne fais que pleurer.

Encore en écrivant ces mots, les larmes me montent aux yeux.

Je n’en peux plus. Personne ne comprend ma douleur, personne n’est là. Il faut que moi je comprenne T. « Bah elle est fatiguée, elle est à fleur de peau, c’est dur pour elle » … oui mais pour moi alors ?

J’ai besoin de vous …

Je vais bien .


Je peux enfin le dire. Après plusieurs années de douleurs, de fatigue et d’accumulations : Je vais bien !

Retour en arrière sur ces deux derniers mois d’absence:

En septembre dernier, je décidais de changer de clinique et donc de Gygy puisque je ne me sentais ni aidée, ni accompagnée et encore moins comprise par la Gygy qui me suivait, à l’époque. 

« Il faut attendre » disait-elle. Et nous attendions. Les problèmes s’accumulaient, les mauvaises nouvelles aussi. 

Nous ne voyions plus le bout du tunnel. L’espoir d’un jour tenir bebe dans nos bras n’était plus là. Restait seulement les douleurs physiques, séquelles de la Grossesse Extra-Uterine de septembre 2015, des cycles à rallonges et complètement anarchiques et surtout la douleur psychologique de La pertes de nos bébés, le désespoir, la tristesse, la colère et le vide. 

Pendant deux ans, deux longues années, voici la personne que j’étais. 

Moi qui suis plutôt de nature optimiste, joyeuse, dynamique et combative, j’étais devenue une coquille vide. Enfin non, une coquille de douleurs. J’étais, chaque jours, fatiguée, irritable et triste. J’avais mal et l’on me disait que c’était normal, qu’on allait attendre, que ça allait passer.

 On m’avait expliqué que ce blocage était dans ma tête. Que j’étais trop accrochée à l’idée d’avoir un enfant, mais que je n’avais pas pardonné à mon corps ce qu’il m’avait fait. 

Dans ces cas là, le « blocage psychologique » est bien pratique pour un médecin. Cela passe toujours plus qu’un « Je ne sais pas ce que vous avez et encore moins comment le soigner. » . Mais, déjà triste de ne pas réussir à tomber enceinte, cette phrase n’a qu’empiré les choses : c’était clair: « tout est de ma faute. Mon corps ne veut pas, mon esprit non plus. Nous n’y arriverons jamais. ».

J’ai claqué la porte de la clinique. Nous avons fait une pause. Cela m’a permise de prendre rendez-vous avec quelqu’un d’autre et c’était la meilleure décision de ma vie!

En septembre 2017, je rencontrais le Dr. T., plus question d’attendre, elle a pris le taureau par les cornes : spermogramme pour Monsieur (une première car les autres  l’avaient prescrit, seulement, si je ne tombais pas enceinte mais « puisque vous êtes tombée enceinte trois fois, c’est que ça fonctionne, donc pas besoin! ».), bilan hématologie pour les deux et bilan hormonal pour moi. Tout va bien.

Ensuite, scanner puis IRM car ce kyste qui me faisait mal depuis longtemps est encore là. 

L’IRM confirme un pseudo kyste péritonéal sur l’ovaire gauche. Dr. T. me confie à un confrère, le Dr. B.. Il mesure un peu moins d’une dizaine de centimètres. Il est la séquelle de cette GEU de 2015. Il est responsable de mon infertilité depuis. Il faut opérer.

Le Dr. B. a pratiqué une cœlioscopie, il y a un mois : kystectomie du pseudo kyste péritonéal à l’ovaire gauche, et endométriome ovaire droit, plastie tubaire gauche, adhesiolyse et test au bleu.

En langage plus courant: le Dr. B. a retiré ce pseudo kyste qui enveloppait totalement mon ovaire gauche et aspirait mes ovules, il  prenait tant de place que ma trompe gauche était écrasée, ainsi que le cul de sac-de-Douglas et cela a aussi créé des adhérences dans mon utérus. Tout le côté gauche de mon  appareil reproducteur était non-fonctionnel. Il a également enlevé un kyste, dû à une très légère endométriose, sur l’ovaire droit. Celui-ci ne fonctionnant plus vraiment non plus. Ensuite, il a réparé ma trompe gauche, celle qui avait reçu cette grossesse extra-utérine, puis un test au bleu afin de voir si tout était de nouveau fonctionnel. La réponse était : Oui !

J’ai eu mon rendez-vous post-operatoire, hier matin.

Lors de l’échographie pelvienne, je n’avais jamais vu une aussi belle image : pas de lésions, pas de caillots de sang, pas d’inflammations. 

Tout va bien maintenant.

Le Dr. B. pense que je serais enceinte bientôt, de l’ordre de trois à six mois, avec un peu de chance. 

Tout va bien.

Je ne dois prendre aucun traitement car il ne juge pas cela nécessaire.

Espérons que bebe Poussin fasse son nid prochainement.

Maintenant, je le sais, je le ressens:

Tout va vraiment bien.